Le temps passe vite. Cela fait plus d’un mois maintenant que je veux vous parler d’un phénomène que malgré mon age avancé je n’avais jamais constaté jusqu’à cette année. Comme vous le savez ou ne le savez pas les moissons des céréales à paille (blé-orge-avoine etc…) ont lieu chez nous vers la fin du mois de juin ou le début du mois de juillet. La plus tardive de ces céréales est le triticale, genre de croisement entre le blé et le seigle, que nous récoltons habituellement plutôt vers la fin juillet. Le printemps 2011 ayant été particulièrement chaud les moissons ont eu lieu cette année plus tôt que d’habitude, et le triticale a été récolté début juillet, alors que les blés étaient moissonnés depuis déjà trois bonnes semaines.

 

Lors de la récolte certains grains ou certains épis tombent au sol, et peuvent alors être mangés par les rongeurs ou les oiseaux, ou peuvent germer et donner naissance à un nouveau pied de céréale. Le mois de juillet ayant été particulièrement humide et froid beaucoup de grains ont germé et se sont développés. Les grains qui germent en été ne donnent normalement qu’un pied chétif qui ne produit pas d’épi car les céréales d’automne ont besoin d’un minimum de froid pour initier la formation de l’épi. Il se trouve qu’en 2011 le triticale en question s’est particulièrement bien développé et a formé des épis au moment des vendanges, c’est à dire en septembre.

 

Le fait de former des épis à l’automne est déjà un phénomène exceptionnel pour une céréale d’hiver. Cela veut dire que la céréale s’est crue au printemps puisque normalement la formation de l’épi a lieu après les froids de l’hiver. Mais le plus étonnant reste à venir, car après la formation de l’épi il faut encore des conditions favorables pour que la floraison ait lieu, puis la fécondation des fleurs et enfin le développement des grains dans l’épi et leur maturation. Cela se passe à la fin du printemps et au début de l’été et demande suffisamment de chaleur et de soleil pour que la plante, grâce à la photosynthèse, nourrisse correctement les grains et que ceux-ci, après avoir atteint leur maturité, sèchent sur le pied pour pouvoir être récoltés.

 

Les conditions météo de la fin de l’année 2011 ont été si exceptionnelles que les grains de triticale tombés au sol au moment de la récolte ont réussi à produire des grains mûrs, ce qui veut dire que si on avait semé une céréale à la dose normale aussitôt après la moisson on aurait pu faire une deuxième récolte.

 

 

 

 

 

On voit sur l’image qui précède que certains pieds sont encore verts mais que la plupart ont atteint la maturité. Sur l’image suivante on voit l’épi mûr sur lequel les grains ont germé en raison des pluies de décembre et janvier

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces photos ont été prises le 27 janvier 2012 mais auraient pu être prises un mois plus tôt. Les grains commençaient juste à germer. Si le climat exceptionnel que nous avons eu en 2011 devait devenir la norme on pourrait sérieusement envisager de faire deux récoltes  par an. On atténuerait ainsi le risque de pénurie, de flambée des prix et de famine dans certains pays. Nous n’en sommes heureusement pas là mais on pourrait au moins, si ça arrivait, trouver  un côté positif au changement climatique…

 

C’est tellement la misère dans nos campagnes que nous en sommes réduits à ramasser des barraganes. Des poireaux de vignes pour ceux qui ne connaissent pas le nom local.

Mode d’emploi:

Vous choisissez une vigne pas désherbée. On en trouve de plus en plus.Cabernet-Sauvignon Mouthes

Ensuite il vous faut une fourche à bêcher et un récipient à la taille proportionnée à votre faim et au nombre de bouches que vous avez à nourrir.

instruments de récolte

Ce jour là nous avions très faim mais nous n’étions pas nombreux. Voici l’objet de notre convoitise:

Poireau de vigneVous pouvez constater que la forte présence de silex peut fortement gêner la pénétration dans le sol de l’instrument de récolte. Surtout quand les silex ont la taille de celui-ci:

gros silexHeureusement ils ne sont pas nombreux à être aussi gros. Revenons à nos barraganes. On plante la fourche à fond dans le sol et assez loin de l’objet convoité pour ne pas l’endommager. On abaisse le manche de la fourche pour soulever le sol en tirant simultanément sur le poireau.

arrachagePlus le sol de la vigne a été travaillé en profondeur et plus vous avez de chances de cueillir des poireaux avec beaucoup de blanc. Celui-ci n’est pas trop mal

poireau arrachéLe nettoyage, s’il est fait sur place évite de rapporter de la terre dans l’évier de madame qui en a marre de nettoyer derrière tout le monde. On enlève les premières peaux, et on coupe soigneusement les racines à ras de la tête. L’idéal est d’avoir un petit esclave à portée de main.nettoyagePuis on coupe les feuilles, toujours en s’appliquant.

effeuillage soignéEt quand le seau est plein on rentre à la maison, on rince par principe, on fait cuire à l’eau salée et on sert avec des oeufs durs (mais pas trop durs) qu’on vient de ramasser sous les poules de la grande soeur du petit esclave.

Nous tenons une information capitale pour l’avenir de l’humanité. Grace à nous, le monde va savoir que le cauchemar a déjà commencé.

Depuis longtemps, de nombreuses associations de défense de l’environnement mettent en garde les pouvoirs publics contre le danger de transfert entre espèces de gènes introduits artificiellement par l’homme dans bon nombre d’espèces végétales. Le danger est en réalité bien plus grand: c’est le risque de transfert de certains gènes du genre végétal au genre animal.

Voici les faits: des essais ont été mis en place tout près de chez nous pour tester la performance de nouvelles variétés de maïs génétiquement modifiées pour résister à la sècheresse. Chacun sait que le maïs est une plante très consommatrice en eau, dôtée d’un système racinaire peu performant qui la rend particulièrement vulnérable en cas de déficit hydrique.

Un semencier peu scrupuleux que nous ne citerons pas pour l’instant a introduit artificiellement un gène de résistance à la sècheresse dans une variété de maïs qu’affectionne particulièrement une espèce de moustiques dont raffolent les grenouilles d’une marre voisine. Le gène utilisé frauduleusement par le semencier a bien sûr été tenu secret.

Nous avons réussi à identifier le moustique et la grenouille victimes de ces transferts de gènes.

Voici le moustique avant sa contamination.

moustique

Et voici la grenouille qui vient de manger beaucoup de moustiques contaminés.

grenouille après consommation de moustiques.

Grace à nos investigations, nous détenons la preuve de l’origine de ce gène et de sa faculté à migrer d’un genre à un autre.

Le semencier peu scrupuleux, grâce à une technologie dont il est le seul à détenir le secret, a réussi à prélever le gêne de résistance à la sècheresse dans une vieille variété d’arrosoirs en voie de disparition. Cet arrosoir très ancien, malgré la couche de rouille, conserve ses facultés premières de résistance à la sècheresse. Beaucoup de nos ancêtres pourraient d’ailleurs témoigner, si ils étaient encore là, de l’efficacité de cet outil pour lutter contre le manque d’eau. Nous avons retrouvé des traces de ces arrosoirs.

arrosoirs_en_tole

Le problème est que le moustique dont nous parlions plus haut, particulièrement attirée par le maïs, s’est servi de cette plante non seulement pour se nourrir mais aussi pour dissimuler ses ébats amoureux. Nous ne pouvons pas encore affirmer que ceci a eu une incidence directe dans la migration du gêne en question mais cela semble fort probable.

Une autre interrogation de taille subsiste quant à la vie antérieure de l’arrosoir. Il y a gros à parier que celui-ci ait eu des relations plus ou moins raprochées avec le milieu de la musique. Nos recherches nous ont permis de mettre au jour certaines pistes suspectes mais nous ne pouvons rien affirmer pour le moment. En voici quelques unes.

Arrosoir-jazzArrosoir_2009

L’arrosoir a-t-il fait carrière dans la musique comme pourraient le laisser supposer les indices ci-dessus ou a-t-il subi les assauts d’une grenouille en mal d’affection comme semblerait l’indiquer l’image qui suit? Dieu seul le sait.

grenouille-arrosoir

Toujours est-il que nous détenons la preuve irréfutable du transfert du gène de l’arrosoir vers la grenouille et vers le moustique, tous dotés d’un don étonnant pour produire des sons très différents de ceux qu’on leur connait habituellement.

Grenouilles OGM

Moustique et grenouille OGM

Dans l’état actuel des choses, la situation apparait comme préoccupante mais pas désespérée. En effet, ces êtres étonnants, encore peu nombreux à notre connaissance, sont certes assez bruyants mais absolument pas agressifs. La question la plus inquiétante reste de savoir si le transfert du gène vers l’homme est possible. En ce qui nous concerne nous avons décidé de ne plus manger de cuisses de grenouilles jusqu’à nouvel ordre. Quant aux piqûres de moustiques, rien ne dit dans l’état actuel des connaissances qu’elles soient susceptibles de transmettre le gène.

Reste que certaines attitudes que nous avons pu surprendre l’été dernier, depuis nos vignes, grace à un puissant téléobjectif pourraient avoir des conséquences fâcheuses pour ceux qui les pratiquent. Nous avons bien sûr hésité à publier la preuve de nos affirmations de peur de choquer les ames sensibles mais face à l’ampleur du danger nous n’écoutons que notre courage en invitant nos lecteurs à éloigner les plus jeunes et les plus prudes.maïs trans je nique

Travailler un peu sur le site est une bonne excuse pour échapper à la froidure actuelle. Je viens de retrouver quelques photos de fleurs prises dans les vignes ou leur environnement proche que je n’avais pas mis le temps de publier sur le moment.

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Cette fritillaire a été prise en bordure de parcelle, près de la route, le 23 mars 2009.

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Ces jacinthes sauvages ou jacinthes des bois ont été photografiées le 20 mars 2009 dans notre vieille vigne de Sémillons de Loubès Bernac.

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Ces deux Orchidées Pyramides, communes dans la région, photografiées  tout près des précédentes mais un mois plus tard, le 24 avril.

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Ces minuscsles orchidées, les premières de la saison, que j’ai prises dans ma main (sans les cueillir bien sûr), pour mettre en évidence leur petite taille, ont fleuri au bout de nos vignes de St Sernin le 10 avril 2009.

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Pour ces trois dernières photos j’ai un peu triché. Ce sont les seules qui n’ont pas été prises chez nous mais chez Christian Imbert, incroyable vigneron Corse qui nous a laissé un énorme souvenir. A plus de 80 ans il nous a reçus de façon inoubliable le 2 avril 2009 sur son magnifique Domaine de Torraccia. Je ne résiste pas à l’envie de publier une photo de ce personnage haut en couleurs, même s’il n’a pas grand chose à voir avec la rubrique « botanique ».

Christian Imbert 02/04/09

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L’insecte que l’on voit vaut quand même le coup d’être regardé de près. Je  ne sais pas de quoi il vit mais je le trouve un peu pathétique,  cramponné à sa fleur de trèfle fanée.
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Orchidée frelon, déjà vue précédemment, avec la rosée du matin.
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Une variété beaucoup plus commune que les précédentes, en tous cas chez nous. Elle pousse fréquemment dans les prés et au milieu des vignes qui n’ont pas connu les désherbants.
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Les orchidées pyramides dans les rangs de vigne.
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Comme il faut que j’invente des noms et que je n’ai pas d’imagination, je baptise celle-ci l’orchidée entonnoir.
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La même que la précédente à côté d’une orchidée pyramide.
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Encore un variété très discrète, qui pousse couramment sur les talus en bordure des bois, mais beaucoup moins souvent contre les pieds de vigne. La photo a été prise dans les vignes de St Astier que nous venons de reprendre. On constate à l’arrière plan que les pieds de vigne se font parfois rares mais au moins on a le plaisir des yeux grace à la flore et au paysage.
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Photo détaillée de l’image précédente.
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Très ressemblant à l’orchidée frelon, mais en blanc.
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Une minuscule orchidée sur le bord d’un talus à Loubès Bernac, tout proche des vignes que nous venons de reprendre. L’horrible chose que l’on voit à côté est l’index gauche du paysan qui a pris la photo avec sa main  droite.
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Sur le plateau calcaire entre Soumensac et Loubès Bernac.
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Je pourrais prétendre avoir un oeil de lynx suffisamment affuté pour avoir remarqué la mouche qui fait tout pour passer inapperçue sur (ou sous) cette fleur qui d’ailleurs ne me semble pas être une orchidée. La réalité est beaucoup moins valorisante puisque je n’ai remarqué sa présence qu’après avoir transféré la photo sur l’écran de l’ordinateur. Il faut bien reconnaître que son camoufflage est plutôt réussi. Cette fleur que je prendrais plutôt pour un genre d’iris sauvage pousse en bout des rangs de nos nouvelles vignes sur la commune de St Astier.
Ophrys Fuciflora

Plaisir des yeux

Un des moyens de se consoler quand la pluie persiste à perturber les travaux de printemps consiste à contempler la faune et la flore sauvages dans et autour des vignes. Insectes colorés ou orchidées sauvages meritent le détour, de même que certaines fleurs très ordinaires qui, quand on les regarde de près, ne manquent pas d’intérêt. L’orchidée de la photo est très discrète. On pourrait facilement l’écraser sans la voir. Son nom est Ophrys Fuciflora.

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Grande orchidée

Comme je ne connais quasiment aucun nom des
différentes variétés d’orchidées je les baptise à ma façon.

Celle-ci est la plus grande et la plus « sophistiquée » que j’ai  rencontrée. Comme je n’ai pas beaucoup d’imagination je l’ai  appelée « grande orchidée ». J’aurais pu faire mieux. Si j’avais  été en forme j’aurais dit par exemple « orchis grandissimus  bellissimae ». J’en suis pour l’instant à neuf variétés repérées  dans les vignes ou en bordure, toutes très différentes. Comme  je ne sais mettre qu’une photo par article il y a de grandes  chances que je crée autant d’articles qu’il y a d’orchidées.

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La grande orchidée ne ressemble à rien quelques jours avant d’éclore. Comme la fleur du Petit Prince qui n’en finissait pas de se préparer. La voici un peu avant d’ouvrir ses premières fleurs. A l’arrière plan en bas à droite une fleur de trèfle violet et un petit insecte rouge et noir que je ne connais pas.