Pour ceux qui n’ont pas trop suivi nous arrivions lors de l’épisode précédent à Ambalavao, sur la route du retour vers Tananarive. Je vous annonçais la visite d’un atelier artisanal de confection d’écharpes en soie. Il s’agit des écharpes que Mark achète avec ses deniers personnels et revend ensuite pour reverser l’intégralité des sommes récoltées à l’association Babakoto.

 

La visite conduite par la patronne de l’atelier commence par la présentation des cocons de vers à soie: ceux issus de vers d’élevage dans le panier de gauche et ceux issus de vers sauvages dans le panier de droite.

 

Les cocons sont ramollis dans de l’eau puis ouverts et disposés les uns sur les autres sur une pointe plantée dans une planche afin de former une boule. 7 cocons sont nécessaires pour former une boule, ou une pelote.

 

Avec beaucoup de cocons on finit par obtenir un gros tas de pelotes, que l’on va ensuite faire bouillir plusieurs jours dans un chaudron en fonte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après être passées alternativement durant plusieurs jours du stade de l’ébullition pendant toute la journée au refroidissement durant la nuit, les pelotes sont sorties du chaudron, mises à égoutter et à refroidir.

 

 

 

La soie peut alors être filée.

 

Les femmes ont à leur gauche le tas de pelotes dont elles tirent les fils de soie, et en les posant sur leur cuisse les frottent avec le plat de la main pour les enrouler sur eux mêmes.

 

 

 

On voit bien sur la photo suivante le tas de soie brute à gauche de l’ouvrière et le fil déposé dans la bassine à sa droite.

 

 

Le fil contenu dans la bassine est ensuite tissé au moyen d’un métier à tisser branlant, entièrement manuel, fabriqué artisanalement et manœuvré autant avec les pieds qu’avec les mains.

 

 

 

 

La seule opération à laquelle nous n’assistons pas est la teinture, mais on nous explique que le choix existe entre les teintes vives obtenues avec des teintures chimiques et les couleurs moins vives obtenues avec des teintures naturelles. Dans certains cas les fils sont teints avant le tissage et dans d’autres cas ce sont les écharpes terminées qui sont plongées dans les bains de teinture.

 

 

Le travail est énorme et tout est fait manuellement. Nous étions loin d’imaginer le nombre d’opérations nécessaires. Les écharpes sont chères mais on comprend pourquoi. Nous en achetons quelques unes et prenons quelques bricoles en plus car c’est le seul moyen dont nous disposons pour contribuer à pérenniser un tel artisanat certainement condamné à disparaitre en raison de l’importance colossale de la main d’œuvre nécessaire.

 

Après la visite nous retournons à l’hôtel et prenons rendez vous avec Maurice pour se retrouver à Ambositra demain en milieu de journée.

 

Mardi 6

Départ de l’hôtel Bougainvilliers d’Ambalavao à 6h15, direction Ambositra. De nombreux troupeaux de zébus migrent vers le nord en empruntant comme nous la N7. Ils se dirigent, comme nous, vers Tananarive. Comme pour nous ce sera leur terminus. Nous reprenons l’avion samedi matin. Eux se dirigent vers l’abattoir de Tana.

 

En passant à côté du troupeau nous prenons en photo le zébu qui a la plus belle bosse. Ce n’est que bien après, en voyant la photo en grand que je remarque la découpe originale de l’oreille d’un des zébus (celui dont on voit la tête presque entière). Je suppose que cette découpe sophistiquée doit faire office de marquage, un peu comme d’autres éleveurs marquent leurs animaux au fer rouge.

 

Nous croisons beaucoup de véhicules rudimentaires, genre de carrioles en bois montées sur de petites roues faites de bois et de caoutchouc. Celle de la photo suivante est chargée de longs bâtons destinés à confectionner des échafaudages. Les côtes sont dures à monter et on se demande comment peuvent se franchir certains « nids d’autruches ».

 

 

Il y en a partout sur la N7, plus ou moins gros, plus ou moins larges. Il n’est pas rare qu’ils occupent toute la largeur de la route et qu’ils soient si profonds que leur franchissement en voiture pose un réel problème.

 

 

 

Nous croisons une voiture orange surmontée d’un gyrophare dont le conducteur nous fait signe de nous garer. C’est l’occasion de remarquer l’état d’entretien des bords de la route. Le fossé est curé à la main et l’herbe tondue à la faucille.

 

Notre œil est attiré par le nombre incroyable d’antennes de téléphonie.  Les malgaches n’ont pas l’air de se poser les mêmes questions que nous quant à la nocivité des ondes émises par ces antennes. On en voit dans tous les villages, sur les toits des hôtels, des écoles, au sommet des collines.

 

 

Dans une longue descente nous dépassons un charriot qui descend à roue libre à une vitesse incroyable. Les trois occupants n’ont pas l’air inquiets pour leur intégrité physique. La direction est contrôlée sur la droite du véhicule par le bâton oblique qui commande l’orientation de l’essieu avant et la vitesse peut être réduite grâce aux patins en bois qui peuvent être mis en contact des roues arrières en tirant un levier de bois qui dépasse verticalement du plancher, dans le dos du gamin assis en travers. La vitesse n’a vraiment pas l’air d’effrayer les passagers du véhicule. Le chauffeur reste concentré sur sa trajectoire.

 

 

La route est parsemée de représentants de la force publique chargés de lever l’impôt. À non pardon, chargés de vérifier le respect des règles du code de la route. Comme personne ou presque n’est en règle pour cause de surcharge, de surnombre de passagers, d’état du véhicule, de pneus usés, de non conformité en tous genres, parfois tout cumulé, la coutume locale permet de se dédouaner à chaque contrôle en offrant un petit cadeau. Les billets de 10 000 A sont appréciés et permettent aux usagers de continuer leur route.

 

 

Beaucoup de véhicules en panne ou accidentés jonchent les bas côtés empiétant parfois fortement sur la chaussée.

 

Nous arrivons enfin à l’hôtel où nous déposons nos bagages avant d’aller faire un tour en ville. Nous prenons quand même une photo de cette incroyable marmite taillée dans un tronc d’arbre. Sa taille est impressionnante et notre première réaction est de nous demander qu’est ce qu’on peut bien faire cuire dans une marmite en bois. Il ne s’agit pas d’une marmite mais plutôt d’une « glacière ». Elle était autrefois utilisée pour garder le frais. Le bois est effectivement un très bon matériau isotherme.

 

Si vous avez besoin d’une glacière originale elle est à vendre au prix de « 20 000 000 Ar.  prix ferme sinon rien », soit un peu plus de 7000 €.

 

Notre balade en ville nous donne l’occasion de croiser une fois de plus ces étonnantes entreprises de transport. On voit sur la photo suivante deux charrettes chargées de briques. Précisons que les briques sont en terre cuite pleine, et non creuses. Nous avons du mal à évaluer le poids total du chargement mais sommes impressionnés par la charge de la deuxième remorque, tirée par un seul homme. Notons qu’il n’y a sur la remorque aucun système de freinage.

 

 

Nos pas nous conduisent une fois de plus, presque sans faire exprès, jusqu’au marché.

 

Ici les légumes.

 

Ici l’étal du boucher charcutier.

 

Là la marchande de fruits.

Nous avons la confirmation que les denrées alimentaires ont un cours et que tout n’est pas négociable. Les fruits et légumes sont vendus généralement aux environs de 1000 A le kg et il n’y a guère qu’aux endroits très fréquentés par les vazahs  qu’on peut vous annoncer 10 000 A le kg ou plus, pour ensuite baisser le prix et finir par vous demander de faire une offre. Ces arnaqueurs visent les vazahs fraichement débarqués et pas encore informés de la valeur des choses.

Nous prenons la décision que lors de notre prochain voyage dans les villages zafimaniry nous prendrons le temps de faire quelques provisions pour éviter de ne manger quasiment que du riz pendant une semaine, quitte à engager un ou deux porteurs de plus.

 

Cet après midi nous devons retrouver Maurice et demain nous repartons vers Antsirabé.

 

À suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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seulement 1 commentaire pour le moment

  1. Maggy Herzet

    Quel beau voyage ! Il me tarde de retourner à Madagascar.

    Félicitations pour votre site très agréable à visiter.

    Maggy

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