Je viens de passer la journée au chai, occupé à soutirer des vins pour les préparer à une imminente mise en bouteilles.

 

C’est quoi soutirer?  Eh bien çà consiste à transvaser du vin d’un contenant à un autre. En l’occurrence aujourd’hui je vidais des cuves pour en remplir d’autres. Par la même occasion je réalisais des assemblages de cuves pour donner naissance à ce qui va être la Pie Colette 2009. Le tout bien sûr ponctué de dégustations régulières afin de vérifier en temps réel que le résultat de notre travail de l’année est bien à la hauteur de nos espérances. Résultat concluant. Tellement concluant d’ailleurs que j’en viens à m’interroger sur les raisons de cette réussite (et je suis modeste!…): comment se fait-il que ce vin de picole, sans prétention, produit le plus simplement du monde soit à ce point fruité, gourmand, frais, croquant alors qu’on trouve tant de vins produits avec sûrement beaucoup plus d’efforts, de compétences et de soins qui ne procurent aucun plaisir.

 

Nous avons débattu de cette question sans bien sûr y apporter de réponse.

 

Après avoir passé en revue tout ce qui ne plaide pas en la faveur de la pie Colette (les vignes sont jeunes, les rendements ne sont pas très faibles, les densités de plantation ne sont que de 5000 pieds/ha) nous avons essayé de faire l’inventaire des différences notoires entre la façon dont ce vin est produit et la façon dont sont produits la plupart des vins que nous aimons beaucoup moins.

 

La première nuance serait le fait que ce vin a fermenté spontanément, sans levurage artificiel. De là à en conclure que les levures artificielles donnent des vins moins bons, je ne me le permettrais pas.

 

Ensuite il n’y a pas eu de recherche d’extraction, l’écoulage a été très précoce et durant la macération il n’y a eu ni pigeage ni remontage. Cela explique qu’on ne soit pas gênés par un excès de tannins mais çà ne suffit pas.

 

Enfin il y a le fait  que depuis l’écoulage le vin n’a connu qu’un soutirage après la fermentation alcoolique et un aujourd’hui après la fin de la fermentation malo-lactique. Aucune intervention, aucun additif, pas de collage, pas de filtration.

 

Ces raisons suffisent-elles à expliquer la différence entre ce vin de fruit et tant de vins oenologiquement sans défauts mais qui ne donnent aucun plaisir ? Peut-être mais dans ce cas là çà veut dire que l’œnologie et la technologie ont fait beaucoup de mal. Et comment serait-il possible que les vignerons aient eu recours aussi systématiquement à des moyens qui leur coûtent aussi cher pour aboutir à des vins moins bons? Vaste débat que nous ne manquerons pas d’aborder plus tard.

 

Pour éviter de rentrer dans un débat trop épineux nous pourrions dire que la différence vient du TERROIR! Ah oui tiens, bonne idée. Après tout on n’a qu’à dire çà, comme tout le monde. Cà simplifie beaucoup de choses, surtout tant qu’on n’a pas besoin d’expliquer ce que çà veut dire. C’est magique ce mot, quand on ne sait pas on dit c’est comme çà, c’est le terroir. Facile non? Et çà marche du feu de dieu.

 

Euh, ou plutôt çà a eu marché. Tellement bien marché que le mot terroir est aujourd’hui galvaudé et utilisé à toutes les sauces. Il y a aujourd’hui des boutiques, des marchés, des fromages, des légumes et bien sûr des vins qui s’en revendiquent  mais qui n’ont de terroir que l’étiquette qu’on leur a collé dessus.

 

Il faut dire que c’est sacrément tentant d’utiliser un mot aussi riche de signification quand il est bien employé mais à la fois aussi vague et difficile à définir. « Terroir » c’est pas comme « Grand Cru », tout le monde peut le revendiquer. Et peu de monde s’en prive. Même si l’élaboration du produit est basée sur des notions situées aux antipodes de la notion de terroir.

 

D’ailleurs le terroir, qu’est-ce?

 

Voici une proposition de définition par l’INAO:

Un terroir est un espace géographique délimité, dans lequel une communauté humaine construit au cours de son histoire un savoir collectif de production, fondé sur un système d’interactions entre un milieu physique et biologique, et un ensemble de facteurs humains.

Les itinéraires socio-techniques ainsi mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité, et aboutissent à une réputation pour un bien originaire de cet espace géographique.

 

Pas mal non?

 

Définition légèrement différente de la Division des sciences écologiques et de la terre de l’UNESCO:

Un Terroir est un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs, et de pratiques fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition.

 

Pas simple tout çà.

 

Reconnaissons quand même que quand on parle de vin le mot terroir est souvent sujet à une autre interprétation, beaucoup plus liée au sol. Quand on parle de minéralité, d’expression du terroir, on entend par là que le sol sur lequel a poussé la vigne a donné au vin quelque chose de différent de ce que donne un autre sol. Quand on parle de différence entre par exemple un terroir calcaire et  un terroir granitique on parle de l’influence qu’a le sol sur le goût du vin. C’est cette notion là du terroir qui nous intéresse quand nous goûtons les vins que nous produisons et qui nous permet de reconnaitre, à l’aveugle, si un vin vient du plateau calcaire de Soumensac ou des boulbènes de St Sernin, quel que soit le cépage et quelle que soit la couleur. C’est cette notion là qui manque souvent dans les vins que nous dégustons, souvent bien faits, qui expriment souvent plutôt bien le cépage à partir duquel ils ont été produits mais qui ne procurent aucune émotion et qui n’ont pas ou peu de potentiel de garde. C’est cette notion là que nous trouverions abusif de mettre en avant quand il s’agit de la pie Colette car nous nous imposons pour nos vins que nous prétendons de terroir une rigueur beaucoup plus grande dans la conduite des vignes et dans l’élaboration du vin.

 

Peut-être que si nous étions dans une Appellation prestigieuse et si nous avions été habitués à la facilité nous ne serions pas plus vertueux que d’autres et ne nous gênerions pas pour revendiquer une forte expression de terroir sans forcément le mériter. Peut-être même nous serions nous installés dans le confort qui consiste à laisser les plus vertueux de ses collègues faire les efforts nécessaires à la mise en valeur du Terroir, et à profiter de la notoriété acquise pour tirer, sans se fatiguer, les bénéfices des efforts des autres. Nous profiterions abusivement du terroir commun, comme on prend abusivement dans le tiroir caisse.

poulesIl était une fois deux poules, une noire et une grise, se connaissant à peine mais ayant comme point commun d’avoir fauté durant la même période avec le plus charmeur des coqs de la basse cour. Peu de temps plus tard elles eurent comme nouveau point commun de se retrouver simultanément en train de couver chacune une petite douzaine d’oeufs à une période peu propice à cette activité. Et pour cause nous finissions une année et commencions la suivante. Les poules étant à demi sauvages leur couvaison se passait en pleine nature, peu à l’abri des frimas du début 2010. Quand les oeufs commencèrent à éclore, bien loin de nous et de nos regards indiscrets, le sol était tout gelé sous son frais manteau blanc, rendant impossible pour les petites pattes des mamans poules la chasse aux petits vers de terre. Le coq géniteur, grâce à ses grosses griffes aurait peut-être eu plus de succès dans cette entreprise mais il était plus attiré par le succès que lui procuraient ses grosses griffes pour se cramponner sur le dos des jeunes poulettes fort nombreuses dans les environs.

 Le temps qui s’est écoulé entre la naissance des poussins et leur découverte par notre fille Clémence a suffi pour que la rudesse de l’hiver vienne à bout de la résistance de bon nombre d’entre eux. La poule noire avait encore six petits mais la grise n’en avait plus qu’un. Clémence a conduit les deux familles dans un box à chevaux et leur a donné du grain et de l’eau. Les poules étant très jalouses et très possessives de leurs progénitures Clémence a bien pris soin de leur choisir un box suffisamment grand pour éviter tout conflit.

poules au box

Quelle ne fut pas sa surprise de constater le lendemain que les deux poules, au lieu de s’être placées dans des angles diagonalement opposés, avaient élu domicile dans le même coin du box, le mieux abrité du courrant d’air.

Après quelques jours de cette promiscuité, la neige ayant eu le temps de fondre et le thermomètre de remonter un peu, la porte du box a pu rester ouverte pour permettre aux jeunes galinacés de suivre leurs mamans dans la grande aventure de la vie.

 

poules copines

 

C’est alors que les deux mamans, au lieu de garder jalousement l’une ses six poussins noirs et l’autre son unique enfant gris, elles les ont laissés jouer ensemble, s’occuppant chacune et indifféremment de l’un ou l’autre des sept petits.

famille recomposée

 

Certains diront que les poules ne savent pas compter, ou qu’elles ne connaissent pas les couleurs. C’est peut-être vrai mais çà ne les a jamais empèchées d’interdire à qui que ce soit, et en particulier à leurs congénères de s’approcher de leur descendance, au moins dans les premiers temps.

 

famille recomposée

 

Quant aux poussins, ils vont se réfugier sous les ailes de l’une ou l’autre des deux poules, vont picorer les grains ou les vers que trouve l’une ou l’autre.

 

famille recomposée

 

On ne peut plus dire qu’il y ait deux familles mais bien une seule composée de deux mamans et de sept petits. Quand une des mamans trouve de la nourriture elle fait semblant de manger pour montrer aux poussins qui sont autour d’elle comment on s’y prend et l’autre maman s’approche, suivie du reste des enfants qui à leur tour picorrent le brin d’herbe, la graine ou le ver de terre.

Et le papa? Il va très bien, merci pour lui. Il a l’air assez satisfait de son sort et de ses performances, surveillant tout çà d’assez loin et d’un oeil semi distrait et attendant le moment où, les enfants ayant grandi, il pourra à nouveau s’occuper des mamans, puis des quelques-unes parmi ses enfants qui seront ses filles et non ses fils. Ce qu’il ignore, et heureusement pour lui, c’est qu’avant que ses filles aient grandi suffisamment à son goût, il aura eu l’honneur et le privilège d’être invité à notre table.

 

Coq.en cravate

Fin janvier, le 30 et le 31 pour être précis nous serons dans la Loire pour deux salons incontournables:  Les Greniers St Jean et la Dive Bouteille.

 

Invit. Grenier St Jean

 

Si vous êtes professionnel du vin et si vous n’avez pas d’invitation n’hésitez pas à nous en demander, il nous en reste quelques unes. Idem pour le plan d’accès ou la liste des vignerons présents.

 

Invitation Dive

 

La Dive Bouteille retourne aux sources, c’est à dire dans les caves troglodytiques de la Loire, et se tiendra au Chateau de Brézé de 10H à 19H le Dimanche 31 Janvier.  N’hésitez à nous contacter pour plus d’informations ou pour une invitation si vous n’en avez pas.

Je ne vous présente pas mes voeux pour l’année 2007 mais pour le millésime 2007 de la cuvée Vieillefont que nous mettons en vente à partir de maintenant. Nous venons de le mettre en bouteilles et çà tombe bien car nous finissons simultanément le millésime 2006.

 

Vieillefont 2007

 

Très soyeux et prêt à boire dès à présent (si possible une fois carafé), il risque de ne pas rester très longtemps disponible à la vente car le millésime 2007 n’a pas été généreux en volume.

Ayant parfois dans les mains un appareil photo, il m’arrive de m’en servir pour capter quelques images insolites de plantes ou d’animaux. J’ai publié sur ce blog quelques images de fleurs sauvages, et en particulier d’orchidées mais pas souvent d’animaux. Ce sera désormais chose faite puisque voici quelques exemples de faune sauvage que l’on ne croise pas souvent, ou du moins à laquelle nous ne prêtons pas attention. N’étant pas capable de les identifier je sollicite vos compétences pour me dire les noms de celles que vous connaissez.

 

Oiseau sur fenouil

Tout d’abord ce petit oiseau très furtif, que je n’ai vu que deux ou trois fois, toujours sur un pied de fenouil en graine.

 

Oiseau jaune 2

 

Il est très élégant et très vif, monté sur de longues pattes fines.

 

couple oiseaux

Ils étaient deux ce jour-là, devant la fenêtre de la cuisine, ont picoré quelques graines de fenouil et ont disparru au bout de quelques minutes. Nous ne les avons pas revus depuis.

 

Papillon orange

 

Ensuite ce papillon, très coloré, que je n’ai observé qu’une fois.

 

Papillon orange gros plan

 

Un gros plan sur sa tête pourrait peut-être aider à l’identifier.

 

papillon blanc

 

Un tout autre style de papillon, de très petite taille (environ 3 cm d’envergure) observé en fin de journée sur le mur du chai. Original les pattes en forme de brindilles. Je ne l’ai vu qu’une fois.

 

Papillon marron

 

Très petit celui-ci aussi. Le tuyau sur lequel il est posé mesure environ 15 mm de diamètre. Vu lui aussi à la tombée de la nuit.

 

Mouche caméléon

 

Très original cette mouche que je n’ai pas vue en prenant la photo. Elle est parfaitement camouflée sur cette fleur que je ne connais pas non plus.

 

Chèvrefeuille

 

Facile de voir la mouche quand on sait qu’elle est là, mais beaucoup moins évident quand on observe cette fleur sauvage en bordure d’un bois, au bout des rangs de vigne.

 

Sphinx

 

Quant à celui-ci, qui selon moi est un sphinx, il nous a tenu compagnie dans le chai un soir de vendange en 2008. Son envergure, sans déployer ses ailes, correspond à la largeur de mon bras. Et ce n’est pas peu dire car Dieu sait à quel point mes bras sont énormes.

 

Si vous pouvez mettre des noms sur certaines de ces photos n’hésitez pas à m’en informer.

 

Merci d’avance.

          Le début de l’année, en plus de servir à échanger les voeux de bonheur, santé, prospérité etc… est l’époque où on se fixe des objectifs que l’on ne pourra généralement jamais atteindre tant est éphémère la volonté que l’on a de faire des efforts prolongés pour améliorer tel ou tel travers.

          Si j’avais des travers, ce qui bien sûr n’est pas le cas, je ne manquerais pas de me fixer les objectifs nécessaires pour y remédier, mais je ne relâcherais pas mon effort tant que les dits travers n’auraient pas complètement disparu.

          Les résolutions que je vais me fixer ne vont donc pas m’engager personnellement mais engager avec moi l’ensemble des vignerons de mon appellation, et pourquoi pas, allez soyons fous, tous les vignerons d’AOC. Je ne sous entends pas par là que mes collègues vignerons auraient plus de travers que moi, loin de là. Je veux dire que nous sommes déjà parfaits mais que, comme c’est le début de l’année, on va s’engager à devenir encore meilleurs.

         Mission impossible me direz vous? Que nenni! La preuve: une opportunité se présente à nous pour vous garantir des vins encore plus représentatifs de leur terroir, encore plus authentiques en un mot encore meilleurs: la réforme des AOC et plus précisément la définition du lien au terroir.

         Un constat: chaque appellation va devoir définir la typicité liée au terroir. C’est à dire décrire en termes clairs, nets et précis ce qu’est par exemple un Côtes de Duras, ce qu’est un Buzet, ce qu’est un Côtes du Marmandais ou un Bergerac. Attention, pas de lyrisme, que des termes clairs et incontestables qui vont mettre en évidence qu’un vin d’une AOC  n’a rien à voir avec un vin d’aucune autre AOC. La description devra être suffisamment précise pour ne permettre aucune erreur.

         Première résolution: former les dégustateurs des dégustations d’agrément pour qu’ils reconnaissent les vins ainsi définis et écartent tous les autres, de sorte que tous les vins d’AOC correspondront désormais à la typicité préalablement définie. Finis les vins bizarres qu’on prend pour de simples Bordeaux alors que ce sont d’authentiques Côtes de Duras…

        Deuxième résolution: former les vignerons pour qu’ils arrètent de faire n’importe quoi. A chaque AOC sa typicité et donc à chaque AOC son vin, de sorte qu’il soit impossible dorénavant de produire dans une AOC un vin qui ressemblerait à un vin d’une autre AOC.

        Troisième et dernière résolution: former les consommateurs. Il va suffire pour celà de leur fournir la définition de la typicité de chacune des 470 Appellations françaises pour qu’ils n’aient plus la moindre chance de confondre, lors des dégustations à l’aveugle, un Bordeaux et un Bordeaux supérieur, un Côtes de Duras et un Buzet, un Côteaux du Layon et un Côteaux de l’Aubance…

        Si certains esprits chagrins voulaient prétendre que ces objectifs sont impossibles à atteindre je leur répondrais sans bégayer que ce sont des pessimistes, et qu’en plus ils n’ont rien compris au vin. Une AOC c’est un terroir, et un terroir doit donner au vin une typicité. Si cette typicité n’est pas identifiable et reconnaissable c’est qu’il n’y a pas de typicité, et s’il n’y a pas de typicité c’est qu’il n’y a pas de terroir, donc pas d’AOC. CQFD.

       Donc amis consommateurs soyez rassurés, dormez tranquiles, avant la fin de 2010 toutes les AOC de France auront défini leur typicité liée au terroir sachant que chaque terroir doit avoir la sienne, différente de toutes les autres. Il ne s’agit pas là d’une résolution mais de textes de loi officiels. Dorénavant plus aucun vin n’aura droit à l’AOC s’il ne correspond pas à cette typicité.

Nous disions lors de l’épisode précédent (qui concernait les rouges) que nous parlerions ultérieurement de la vinification des blancs. Mais les blancs c’est vague. On peut, suivant la maturité des raisins que l’on récolte, espérer obtenir des blancs secs ou des blancs moëlleux. Nous allons parler aujourd’hui de la vinification des blancs secs.

La première étape consiste à récolter des raisins dont la maturité est suffisante pour donner  la richesse et la complexité optimales que l’on est en droit d’attendre d’un cépage et d’une parcelle donnés.

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Cette photo montre une grappe de Sémillon que nous considérons comme suffisament mûre pour produire du blanc sec. Le taux de sucre à ce stade de maturité se situe entre 220 et 240 g de sucre par litre, soit un potentiel d’alcool théorique compris entre 13 et 14°. Au moment où la plupart des grappes sont à ce stade de maturité, d’autres sont moins mûres ou plus mûres.

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 Celles qui sont moins mûres, comme cette grappe de Sauvignon Blanc sont laissées sur le pied pour être récoltées plus tard.

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Celles qui, comme cette grappe de Muscadelle ont atteint un stade plus avancé sont laissées aussi pour continuer à « surmurir » et être récoltées plus tard en vue de produire du liquoreux. Cette surmaturité obtenue par dessèchement du raisin se nomme le passerillage.

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Un autre cas de début de surmaturité provoqué ici par le botrytis cinéréa, communément appelé la « pourriture noble » nous emmène là aussi à laisser la grappe sur le pied et à attendre qu’elle continue à « pourrir ». Il s’agit ici d’une grappe de Sémillon.

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Nous récoltons les raisins, comme les rouges, dans des cagettes de 13 à 15 kg que nous entreposons dans la chambre froide jusqu’au lendemain.

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A la différence des rouges, les raisins sont déversés dans le pressoir, sans passer par l’éraffloir ni les tables de tri. On presse immédiatement les raisins pour en retirer le jus.A la sortie du pressoir, le jus de raisin qu’on appelle le moût est envoyé dans une cuve où il est refroidi à environ 5° pendant une douzaine d’heures. Les impuretés les plus grossières (que l’on appelle les bourbes) se déposent alors au fond de la cuve. On pompe  le moût en laissant les bourbes au fond de la cuve. Cette opération s’appelle le débourbage. Le moût est alors envoyé soit dans une autre cuve, soit dans des barriques. La température remonte et quelques jours plus tard la fermentation démarre spontanément. Le marc(raffles, pépins, pulpe et peaux de raisins pressés) sont évacués à l’extérieur du chai et récupérées par un distillateur, de même que les bourbes et seront transformés en alcool.

Les fermentations se faisant à partir des levures indigènes elles ont l’inconvénient de dûrer longtemps (parfois plus d’un an). Elles ont aussi tendance à être plus gourmandes en sucre, c’est à dire qu’avec le même taux de sucre dans le moût on obtient des vins au taux d’alcool inférieur de plusieurs dixièmes de degré. C’est pour nous un avantage énorme qui nous permet de récolter des raisins très mûrs et d’obtenir malgré tout des vins dont le taux d’alcool se situe généralement aux environs de 13°.

Les vins vinifiés en barriques y restent environ un an après quoi ils sont remontés en cuve pour y séjourner quelques mois avant la mise en bouteille.

Ayant quelques photos en stock, il m’est venu à l’idée de vous proposer un résumé très simple du déroulement des vendanges, dans le genre « les vendanges pour les nuls », c’est à dire en essayant de se mettre dans la peau de quelqu’un qui n’aurait aucune idée de la façon dont on procède. Nous ne parlerons donc pas aujourd’hui du travail qui a été réalisé dans les vignes « en amont », c’est à dire durant toute la saison qui a précédé les vendanges. Dieu sait pourtant si ce travail est primordial pour la qualité du raisin mais ce sera le sujet d’un prochain « reportage ».

 

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Le résultat de tout ce travail dont nous parlerons un autre jour est l’obtention d’un nombre limité de grappes sur un pied de vigne suffisament aéré au travers duquel passent aisément l’air et la lumière. Les grappes peuvent ainsi mûrir correctement sans trop risquer d’être dégradées par la pourriture qui, si elle peut avoir dans certains cas des côtés positifs sur les raisins blancs, n’est jamais bonne sur les rouges. 

 

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Comme toutes les précautions que nous prenons ne suffisent pas à obtenir des raisins exempts de tous défauts, nous en ramassons la plupart à la main. Nous inspectons les grappes afin d’éliminer les baies insuffisament mûres ou abîmées par les insectes ou la pourriture. On voit d’ailleurs sur la photo les graines qui ont été éliminées et sont restées au sol.

 

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Une fois la cagette pleine, le vendangeur la laisse sous le rang et en prend une vide.

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 Les cagettes pleines sont ramassées dans les rangs avec un petit tracteur et déposées en bout de rang sur une remorque.

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Ensuite elles sont reprises à l’élévateur et stockées en chambre froide. Cette opération a été particulièrement utile cette année en raison des fortes chaleurs qui ont dûré quasiment toutes les vendanges.

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La chambre froide peut recevoir 24 palettes de 40 cagettes, soit plus d’une journée de travail. Les raisins sont refroidis à environ 5°C et ressortent de la chambre froide le lendemain de leur récolte. A la sortie de la chambre froide l’itinéraire des raisins rouges est différent de celui des raisins blancs. Nous allons parler aujourd’hui des raisins rouges.

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Les cagettes sont alors déversées sur une première table vibrante. On revérifie à ce moment là si les vendangeurs n’ont pas oublié une grappe pas mûre (c’est le cas sur la photo) ou si des raisins ne se sont pas dégradés durant le transport et le stockage. Les cagettes vides sont au fur et à mesure lavées au laveur haute pression.

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A la sortie de cette première table le raisin tombe dans l’éraffloir, une machine qui sépare les grappes en deux parties: les graines et la raffle.

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La raffle tombe alors sur le sol et les graines sur une deuxième table de tri vibrante. 3 à 5  personnes sont nécessaires de chaque côté de la table de tri pour enlever les débris de raffle laissés par l’éraffloir, les graines pas mûres qui n’avaient pa été vues précédemment, les insectes ou débris quelconques. On voit au sol les « déchets » qui ont été retirés.

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Au bout de la table de tri le raisin tombe dans un tapis élévateur qui va le déverser dans une cuve. C’est à ce moment-là que nous ajoutons entre 3 et 7 grammes de soufre par hectolitre de vendange. C’est le seul poduit que nous nous autorisons à rajouter dans notre vin. Il a pour but d’éviter les déviations bactériennes avant le début de la fermentation. Quelques jours après le remplissage de la cuve (entre  2 et 10 jours) la fermentation va commencer. Elle va dûrer entre 10 et 30 jours suivant les cuves (taille, température…) et se terminera d’elle même lorsque tout le sucre aura été transformé en alcool. La période durant laquelle on laisse le raisin dans la cuve, en contact avec le jus s’appelle la macération. L’écoulage consiste à ouvrir une vanne en bas de la cuve pour récupérer le jus et l’envoyer dans une autre cuve. L’écoulage interrompt de fait la macération mais pas la fermentation si elle n’est pas terminée.

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Une fois l’écoulage terminé on procède au décuvage qui consiste à retirer de la cuve la partie solide du raisin qu’on appelle le marc.

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On le tire à la main dans le tapis élévateur qui le transporte dans le pressoir. Sur la photo nous utilisons le pressoir pneumatique car nous écoulons une grosse cuve. Pour les cuves plus petites nous utilisons un pressoir vertical hydraulique. Cette opération s’appelle le pressurage.

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Le jus qui coule du pressoir est assemblé avec le « vin de goutte », c’est à dire le vin qui a coulé tout seul lors de l’écoulage. Le vin va rester en cuve quelques jours à quelques semaines durant lesquelles les impuretés vont se déposer (ce sont les lies). Si c’est de « la pie Colette », on va alors le pomper pour le changer de cuve et ainsi le débarrasser des premières impuretés qui se sont déposées au fond de la cuve. On appelle cette opération un soutirage.

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Si c’est du Vieillefont ou des Apprentis il est mis en barriques pour y séjourner environ un an. C’est ce qu’on appelle l’entonnage.

Travailler un peu sur le site est une bonne excuse pour échapper à la froidure actuelle. Je viens de retrouver quelques photos de fleurs prises dans les vignes ou leur environnement proche que je n’avais pas mis le temps de publier sur le moment.

 

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Cette fritillaire a été prise en bordure de parcelle, près de la route, le 23 mars 2009.

 

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Ces jacinthes sauvages ou jacinthes des bois ont été photografiées le 20 mars 2009 dans notre vieille vigne de Sémillons de Loubès Bernac.

 

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 Ces deux Orchidées Pyramides, communes dans la région, photografiées  tout près des précédentes mais un mois plus tard, le 24 avril.

 

 

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  Ces minuscsles orchidées, les premières de la saison, que j’ai prises dans ma main (sans les cueillir bien sûr), pour mettre en évidence leur petite taille, ont fleuri au bout de nos vignes de St Sernin le 10 avril 2009.

 

 

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Pour ces trois dernières photos j’ai un peu triché. Ce sont les seules qui n’ont pas été prises chez nous mais chez Christian Imbert, incroyable vigneron Corse qui nous a laissé un énorme souvenir. A plus de 80 ans il nous reçus de façon inoubliable le 2 avril 2009 sur son magnifique Domaine de Torraccia. Je ne résiste pas à l’envie de publier une photo de ce personnage haut en couleurs, même s’il n’a pas grand chose à voir avec la rubrique « botanique ».

Christian Imbert 02/04/09

Nous venons de vivre la décennie la plus chaude depuis que la météo existe, c’est à dire depuis 150 ans. Cette information répétée plusieurs fois aujourd’hui à la radio ne fait que confirmer une impression que l’on peut avoir sans rien connaitre de la météo ni des statistiques. Sauf que si nous n’avions pas les données officielles des scientifiques on pourrait ne pas trop se fier aux apparences, et se souvenir qu’à chaque évènement climatique un peu inhabituel, on a toujours entendu les anciens répéter « il n’y a plus de saison », « on n’a jamais vu çà », « le temps est détraqué » etc…Et ce que ce soit quand il pleut, quand il fait chaud, quand il fait froid ou quand il fait soif un peu plus que d’habitude. Les quelques photos que j’ai prises aujourd’hui, si elles n’apportent pas la preuve d’un réchauffement climatique, démontrent en tous cas que nous vivons un début d’hiver particulièrement doux.DSC_1119

Qu’il s’agisse d’un bouton de rose au bout d’un rang de vigne…

 

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…d’un pied de cana qui se croit au printemps…

 

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…ou d’un pied de lavande qui confond les saisons ou qui se croit dans une autre région.